Avec des ennemis comme cela, pas besoin d’avoir d’amis ! C’est la particularité de Donald Trump de rendre le monde sens dessus dessous, si bien qu’on ne sait plus quoi penser. En ce jour d’élection de mi-mandat, mardi 3 novembre, le camp républicain bénéficie d’un petit coup de pouce tombé du ciel.
Les Iraniens se sont exprimés lundi pour dire aux électeurs américains qu’ils étaient prêts à rouvrir le stratégique détroit d’Ormuz en deux jours, si les demandes de Téhéran étaient satisfaites. Conséquence : le prix du pétrole a aussitôt baissé, pouvant laisser croire à un début de retour à la normale. Si cela n’est pas un cadeau des Iraniens pour inciter les Américains à voter pour les Républicains, cela y ressemble. Finalement, avoir un ennemi comme Donald Trump, c’est parfait. Cela permet aux régimes de garder la tête haute, de maintenir la répression en Iran, de souffler le chaud et le froid au Moyen-Orient et de sauver la face. L’Iran tient tout de même tête à la première puissance mondiale.
Préserver l’interlocuteur Trump en Iran, comme en Russie et en Chine
L’Iran mise sur Donald Trump tout comme la Russie l’a fait en octobre. On a tous en tête l’accord signé entre Vladimir Poutine et le président américain, visant à assouplir les sanctions contre Moscou en échange de la mise sur le marché mondial de diesel russe. Un petit coup de pouce de la Russie pour faire baisser les prix de carburants pour les consommateurs américains, une petite aide de plus de 2 millions de barils, et cela juste avant les élections de mi-mandat.
Même la Chine, principal pays concurrent pour la place de leader mondial ne fait rien pour remettre en cause l’équilibre du moment, comme si elle s’accommodait de voir Trump rester aux manettes Cela lui donne l’image de la stabilité face à des Américains imprévisibles. Le président chinois devrait d’ailleurs recevoir en novembre Vladimir Poutine et Donald Trump pour parler de l’état du monde, dans un sommet déjà qualifié de « Yalta », où les grands se partagent la planète.
Des alliés historiques très discrets
Dans ce contexte, le paradoxe est que ce sont presque les alliés des Américains qui aimeraient du changement. Les alliés de toujours, les Européens en tête, sont très discrets depuis quelques jours, comme si l’urgence était d’attendre, en sachant que dans tous les cas – victoire ou défaite de Donald Trump – pas grand-chose ne changera. Des masques tomberont peut-être. Russes, Chinois et Iraniens pourraient revoir leur stratégie et montrer d’autres visages.
Enfin, il faut se méfier des projections européennes, car les électeurs américains n’ont pas le même logiciel. Le vote de l’Amérique profonde est souvent éloigné des espoirs des capitales européennes, sans compter que les nouveaux élus ne siégeront pas avant le 3 janvier prochain. Et que le 3 janvier, si on compte avec l’horloge du temps de Donald Trump, cela peut être très long.

