Le roi d’Espagne, Felipe VI, a défendu, mardi 13 octobre, la souveraineté « indiscutable » de son pays sur Ceuta lors d’une visite historique dans l’enclave du nord de l’Afrique revendiquée par le Maroc. Une foule en liesse l’a acclamé, deux mois et demi après une crise migratoire inédite. « Ceuta et Melilla sont indissociables » de l’Espagne, a-t-il affirmé à la veille d’un autre déplacement avec la reine Letizia, mercredi à Melilla. « Et face à tout risque, notre devoir est de les défendre », a martelé le souverain dans cette prise de parole qui a eu lieu à la fin de cette journée de visite, la première d’un souverain espagnol dans l’enclave depuis celle de son père, Juan Carlos, en 2007, qui avait suscité une crise diplomatique avec Rabat.
Peu avant, Felipe VI a rendu hommage au cimetière de Sidi Embarek à la centaine de migrants morts au cours de leur trajet, majoritairement effectué à la nage, les 30 et 31 juillet, pour rejoindre Ceuta. L’afflux soudain de plus de 70 000 migrants dans l’enclave espagnole a provoqué une crise sans précédent sur place, de vives tensions entre l’exécutif et l’opposition de droite et d’extrême droite à Madrid, ainsi qu’une querelle diplomatique au sein de l’Union européenne.
Si la plupart d’entre eux sont repartis dans les heures qui ont suivi, plusieurs milliers de personnes sont restées dans ce petit territoire situé entre la Méditerranée et l’Atlantique, où une partie de la population s’est sentie abandonnée par l’Etat. « Vous n’êtes pas seuls et vous ne serez pas seuls », a affirmé le roi Felipe, reconnaissant que Ceuta faisait face à « un défi difficile ». Vendredi, le roi du Maroc, Mohammed VI, avait défendu le « partenariat » avec l’Espagne, tout en reconnaissant qu’il se heurtait à des « défis majeurs » et en rejetant fermement toute tentative de « pression » ou de « chantage ».

