Dr Mamadou Salif Sow : «En moins de 3 mois, Kiiraay est devenu la première force politique du pays»

Chercheur en agroalimentaire à l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA), Dr Mamadou Salif Sow a aussi une casquette politique. Militant du parti présidentiel, il évoque, dans cet entretien, la question de la flambée des prix des denrées, le limogeage de responsables de Pastef, les élections locales et cie.

Vous êtes spécialiste des questions agroalimentaires. Les prix de certaines denrées flambent actuellement. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?

Tout d’abord, il faut préciser que cette situation n’est pas spécifique au Sénégal. Pour certains produits comme les légumes, la période hivernale n’étant pas propice à leur production, naturellement ceci entraîne une pénurie qui se traduit par une hausse des prix, sans compter le déficit d’infrastructures de stockage de ces produits périssables. Pour les produits importés, les chocs exogènes tels que les conflits, les intempéries font que nos pays reçoivent de plein fouet les conséquences. A titre d’exemple, les importations de riz et de blé ont coûté respectivement 336,7 milliards et 175 milliards de FCFA en 2025.

Pour soulager les ménages, l’Etat sur le court terme fait énormément d’efforts financiers avec le maintien des subventions pour stabiliser les prix. Aussi, à travers le Ministère chargé du Commerce, l’Etat a pris des mesures salutaires pour réguler et surtout permettre la commercialisation de la production locale de beaucoup de denrées de première nécessité comme le montrent les consultations portées par les Ministres en charge du commerce et de l’agriculture. Le Sénégal du Président Diomaye FAYE ambitionne d’inverser de façon durable cette tendance aux importations en denrées alimentaires qui dépassent les 1000 milliards par an.

Quelle solution proposez-vous pour sortir de cette situation ?

Pour s’inscrire dans la durabilité, la solution c’est de bien mettre en œuvre la politique de souveraineté alimentaire définie par Son Excellence, le Président de la République, à travers la Vision Sénégal 2050. Il faut promouvoir le consommer local en renforçant l’ensemble des chaînes de valeur des filières prioritaires. La promotion de l’autosuffisance en céréales, (et non pas seulement en riz), la substitution partielle du blé par les céréales locales dans la fabrication de pains, de pâtisseries, sont autant d’alternatives durables. Ensuite le développement d’infrastructures de conservation et de transformation des produits agricoles, horticoles et d’élevage, principalement permettrait de soutenir le secteur productif, créer des emplois, d’améliorer les revenus des ménages et renforcer la sécurité alimentaire des populations les plus démunis, en particulier qui ressentent plus la flambée des prix de certaines denrées. Dans cette optique, les Agropoles avec l’opérationnalisation prochaine des parcs agro industriels de Kolda (réceptionné par le Chef de l’État) et celui d’Adeane contribueront grandement à la quête de souveraineté alimentaire et la stratégie de création d’emplois.

4. Vos adversaires de Pastef estiment que sous Sonko, les prix étaient plutôt dans une dynamique baissière, que leur répondez-vous ?

C’est un discours politique mais qui ne repose sur aucun fondement technique. D’abord c’est Monsieur Ousmane Sonko qui, étant Premier Ministre, préparait déjà l’opinion à la hausse probable des prix de certaines denrées du fait des chocs exogènes comme la guerre en Iran. Ces propos étaient confirmés par Monsieur le Ministre Birame Souleye Diop à l’époque. La dépendance aux importations sur les denrées de première nécessité fait que ces prix sont difficilement maîtrisables malgré les énormes efforts de subventions consentis par l’Etat du Sénégal. Je reste convaincu que seul le développement de la production agricole et agroalimentaire locale peut régler ce problème de façon durable.

5. Fadilou Keita a été limogé et 87 managers dont des responsables de Pastef avaient été remerciés par le président. Quel est votre avis sur cela ?

Il ne faut pas oublier que c’est SEM Bassirou Diomaye Diakhar FAYE qui a été élu par le peuple sénégalais, Président de la république. A ce titre, la Constitution du Sénégal lui donne exclusivement les prérogatives de nommer aux emplois civiles et militaires pour conduire et mettre en œuvre la politique pour laquelle, ses concitoyens l’ont élu. Il s’y ajoute que c’est sur lui que reposent le poids des attentes et l’espoir du peuple pour un Sénégal souverain et prospère. Ainsi, il est tout à fait normal qu’il opère des choix d’hommes et de femmes de confiance qui partagent sa vision et qui lui sont loyaux. D’ailleurs, il faut saluer aussi la décision du Chef de l’État de passer par l’appel à candidature pour certains postes très stratégiques comme la Direction Générale de la Caisse de Dépôts et de Consignations.

6. Beaucoup dénoncent le flou sur la tenue des locales. Votre parti craint-il de ne pas être prêt face à la force Pastefienne ?

Il n’y a pas de flou, je pense que c’est certains qui veulent créer un flou sur une question qui relevé des prérogatives du Président de la République. Il y a certains, du fait peut être de la frustration, ne voient que l’élection mais le Président lui voit aussi les urgences sociales. Il y aura élection et tout le monde sera édifié. KIIRAAY en moins de trois mois d’existence est devenu la première force politique au Sénégal. Et je pense d’ailleurs que ceux qui lancent des appels incessants à des élections veulent stopper la saignée en cours dans leur parti car plus le temps passe, plus KIIRAAY monte en puissance en leur dépend.

Côté politique, quelles sont vos ambitions ?

Actuellement, elle est unique. Apporter mon soutien au Président de la République pour satisfaire les attentes des populations en général et particulièrement celles de Kolda dont je suis originaire. C’est aussi l’appuyer à atteindre son objectif de faire du Sénégal un pays souverain, juste et prospère avec un deuxième mandat. Je suis en train de faire de la massification et en tant que membre des cadres fondateurs de KIIRAAY, je suis actif dans les commissions techniques aussi. Je mets mes compétences à la disposition du Chef de l’État et au service de la république comme je l’ai toujours fait.

Rappelez-nous votre parcours…

Je suis un pur produit de l’école publique sénégalaise. J’ai eu mon CFEE et réussi le concours d’entrée en sixième à l’école de Temento Samba. Ensuite j’ai regagné Dabo puis Kolda où j’ai obtenu respectivement mon BFEM en1999 et mon BAC, série S2 en 2002. J’ai réussi le concours d’entrée à l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP/UCAD) où je suis devenu Ingénieur de Conception en Génie chimique et Industries alimentaires. J’ai poursuivi mes études toujours à l’ESP et j’y ai décroché mon diplôme de Doctorat unique en génie agroalimentaire en 2024. Je suis actuellement chercheur en agroalimentaire à l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) et j’accompagne les entreprises du secteur avec 16 ans d’expérience au service de l’État.

Au vu de votre profil, qu’est-ce qui a motivé votre entrée en politique ?

C’est vrai que mon engagement personnel en politique est récent mais dans ma famille la politique a souvent été présente avec des proches qui ont occupé des postes ministériels et de maires de communes. Personnellement j’ai commencé la politique avec Pastef, attiré par son choix assumé de quête de souveraineté nationale. Ceci m’a réconforté dans ma quête quotidienne de souveraineté alimentaire à travers mon métier de chercheur en agroalimentaire. Dans mon Département de Kolda où 14 des 15 communes sont rurales et vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage, je souhaite apporter de façon plus efficace ma contribution à son développement et à l’épanouissement des braves populations. Et avec l’avènement des Pôles territoires qui constitue un des piliers de la politique du Président de la République, je suis convaincu que la mobilisation des compétences locales devient inéluctable pour accompagner cette dynamique. C’est pourquoi après la rupture avec Pastef, j’ai opté de soutenir le Président de la République en adhérant comme membre fondateur du parti présidentiel KIIRAAY Les Patriotes Républicains.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *