Le chef de l’État veut accélérer la transformation du système éducatif. Recrutement et déploiement des enseignants, résorption des abris provisoires, réforme des curricula, montée en puissance du numérique, contrôle de l’enseignement privé et intégration des Daara : en Conseil des ministres, ce mercredi 30 septembre, le président de la République a appelé le gouvernement à passer à l’action.
À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le chef de l’État accentue la pression sur l’exécutif. Lors de sa communication, il a placé l’éducation au cœur de ses priorités, appelant à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir une rentrée réussie, assurer la continuité des enseignements et préserver la stabilité sociale dans le secteur.
Au-delà de la seule rentrée, c’est une transformation plus profonde de l’école sénégalaise que le président de la République appelle de ses vœux. Des ressources humaines aux infrastructures, des programmes scolaires au numérique, en passant par l’enseignement privé et les Daara, plusieurs chantiers sont désormais posés sur la table.
Le déficit d’enseignants demeure l’un des principaux points de vigilance. Le chef de l’État insiste sur un recrutement adapté et surtout sur la mise en place effective des personnels nécessaires au bon fonctionnement des établissements. Il demande que l’ensemble des matières prévues au programme soient effectivement enseignées, avec une attention particulière pour les zones de l’intérieur du pays. L’objectif est de réduire les disparités territoriales et d’offrir aux élèves des conditions d’apprentissage conformes aux exigences du système éducatif national.
En finir avec les abris provisoires
Autre priorité affichée : les infrastructures. Le président de la République exige l’accélération des projets de construction et de réhabilitation des salles de classe, ainsi que l’éradication définitive des abris provisoires, devenus le symbole des précarités matérielles de l’école sénégalaise. Pour le chef de l’État, cette politique doit permettre de bâtir un système fondé sur « l’équité, la performance, l’inclusion et la stabilité sociale ».
La dimension sociale occupe également une place centrale. Le chef de l’État invite le gouvernement à renforcer le dialogue social préventif avec l’ensemble de la communauté éducative, en particulier les syndicats d’enseignants. L’autre exigence porte sur le respect scrupuleux des engagements pris : le Président a notamment demandé de veiller au paiement régulier des indemnités d’examen et de concours, ainsi qu’à l’application des revalorisations statutaires validées.
Curricula, numérique et orientation : l’école appelée à changer
La réforme annoncée dépasse les seules questions d’effectifs et d’infrastructures. Le président de la République préconise une refonte concertée des curricula et du cadre d’orientation des élèves pour adapter l’école aux réalités sociales et technologiques émergentes.
Le numérique devra ainsi occuper une place accrue dans les méthodes pédagogiques. Le chef de l’État a également évoqué la nécessité de mieux réguler l’impact des réseaux sociaux sur le milieu scolaire.
Concernant la formation professionnelle et technique, une réflexion stratégique devra être menée sur l’adaptation des méthodes d’apprentissage, l’actualisation de la carte scolaire et la promotion de l’excellence.
Le secteur privé n’échappe pas à cette dynamique : le chef de l’État demande la poursuite des concertations en vue d’une régulation globale et d’un contrôle renforcé de l’enseignement privé dans toutes ses composantes, afin de garantir la qualité globale de l’offre éducative.
Les Daara au cœur du système scolaire
Dernier chantier, mais non des moindres : les Daara. Le président de la République préconise l’accélération des réformes consensuelles visant à réussir leur intégration dans le système scolaire national. Cette orientation s’inscrit dans la volonté de construire un modèle éducatif plus inclusif, valorisant la diversité des parcours d’apprentissage présent dans le pays.
À travers cette communication, le chef de l’État place le gouvernement face à des urgences simultanées : réussir le rendez-vous de la rentrée 2026-2027, renforcer les effectifs enseignants, moderniser les infrastructures, honorer les engagements sociaux et engager les réformes structurelles attendues.

