Cet attentat terroriste avait conduit à la mort du gendarme Arnaud Beltrame et de trois autres victimes, le 23 mars 2018.

La cour d’assises de Paris a condamné en appel à 10 ans et 12 ans de détention deux accusés liés aux attentats de Trèbes (Aude) et Carcassonne en 2018, qui avaient fait quatre morts, dont le gendarme Arnaud Beltrame. Cette peine prononcée mercredi 7 octobre est beaucoup plus lourde qu’en première instance. Marine Pequignot, la petite amie de l’assaillant Radouane Lakdim, avait été condamnée à cinq ans de prison dont deux avec sursis, alors que Samir Manaa, qui avait accompagné le tueur acheter un couteau, avait écopé de trois ans d’emprisonnement.

Au terme de son réquisitoire, l’avocat général avait réclamé mardi respectivement 16 et 20 ans de réclusion pour « association de malfaiteurs terroristes », un motif que la cour d’assises d’appel a retenu. Au contraire, lors du premier procès, les magistrats avaient écarté cette qualification pour Samir Manaa, relevant à l’époque que cette infraction « implique quand même des actes matériels au soutien, à tout le moins, d’un projet terroriste : s’il n’y [en] a pas, même en cas de complaisance, on ne peut pas [la] retenir ».

Les deux condamnés incarcérés

Mais les juges d’appel ont pour leur part considéré que celui qui a aujourd’hui 32 ans avait « la connaissance de l’appétence de Radouane Lakdim pour la violence » lorsqu’il l’a conduit dans une armurerie. La présidente de la cour d’assises a souligné son « absence de remise en question » et sa « posture victimaire ».

A propos de Marine Pequignot, la cour a relevé qu’elle n’ignorait rien « des desseins mortifères de [son] petit ami » alors que sa propre « radicalisation extrême résultait d’une démarche personnelle ». Les deux condamnés, qui comparaissaient libres, ont été incarcérés à l’issue du prononcé du verdict.

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