alheureusement, les Allemands ont décidé de quitter le projet » franco-allemand de char du futur MGCS, a indiqué jeudi 8 octobre Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, lors de son audition en commission de Défense à l’Assemblée concernant le budget des armées pour 2027. Cette annonce intervient après l’échec annoncé en juin du projet d’avion de combat franco-allemand, le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF).
« Le résultat n’est pas bon. Sur le plan industriel, ce n’est pas une bonne nouvelle », concède Fabien Mandon(Nouvelle fenêtre) qui estime malgré tout que « ce n’est pas un échec complet ». « C’est un choix allemand important, mais nos armées de Terre ont travaillé ensemble pendant plusieurs années pour réfléchir à ce que devait être un futur char de combat », explique-t-il. Le chef d’état-major des armées retient la coopération entre les deux armées de Terre qui « n’avaient pas une grande expérience du travail conjoint » et pourtant, qui « ont réfléchi ensemble et se sont entendues ».
L’Allemagne a « fait le choix de lancer une étude nationale »
Fabien Mandon indique que « les deux chefs d’état-major d’armée de Terre ont co-signé un document partagé dans lequel ils disaient ce dont ils avaient besoin et qui était commun ». « Les grands principes du futur char sont donc validés, ça n’a pas été un travail vain », assure-t-il. Dans un communiqué du chef d’état-major des armées, publié jeudi et consulté par l’Agence Radio France, il est précisé que « la partie allemande a fait le choix de lancer une étude nationale pour remplacer [son] char Leopard 2 ». « Le calendrier de mise en service du MGCS étant décalé vers la fin de la décennie 2040, la France a donc également fait le choix de lancer une capacité intermédiaire », peut-on lire dans ce communiqué.
Le groupe parlementaire de La France insoumise voit dans ce retrait des Allemands du MGCS, « l’épilogue d’un mauvais feuilleton« . Dans un communiqué publié vendredi que l’Agence Radio France a pu consulter, LFI estime qu’Emmanuel Macron, « aveugle volontaire et obstiné », « aura été dupé par des dirigeants allemands froids et déloyaux ». Le parti de Jean-Luc Mélenchon appelle à « en tirer toutes les conséquences pour l’avenir » et à « admettre que notre partenaire d’outre-Rhin est travaillé par des aspirations hégémoniques que les récents succès des néonazis rendent particulièrement préoccupantes ». LFI fait référence aux victoires régionales de l’AfD, parti d’extrême droite, en Saxe-Anhalt début septembre et puis en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale fin septembre.

