À quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse, le Comité national de sécurisation (CNS-JOJ) a simulé, les 28 et 29 septembre, une série d’incidents majeurs, dont une prise d’otages à l’hôtel Terrou-Bi. Tout ce qui suit relève d’un exercice : aucun de ces événements n’est réel.
Un exercice de consolidation avant la certification
Les 28 et 29 septembre 2026, le Comité national de sécurisation des JOJ Dakar-2026 (CNS-JOJ) a organisé l’exercice de consolidation sectorielle baptisé SEC.EX. Il visait à éprouver, dans des conditions proches de l’engagement réel, la capacité de coordination du Centre de coordination des opérations (CCO), des postes de commandement opérationnels (PCO), des postes de commandement tactiques (PCT) et des unités déployées. Celles-ci devaient mener des actions interfacées face à des scénarios complexes, évolutifs et multisites.
Le principe d’action retenu repose sur une approche interservices et intercomposantes. La force territorialement compétente conduit l’action, appuyée par les capacités concourantes des autres services.
Lundi 28 septembre : six incidents répartis entre la police et la gendarmerie
La première journée a mobilisé le dispositif sur l’ensemble des emprises retenues, à travers six incidents majeurs répartis de manière équilibrée entre les deux composantes principales. Trois scénarios relevaient de la police nationale.
À Saly Beach West et au Lamantin Beach, l’exercice combinait un incident maritime et terrestre. Il comprenait des opérations de sauvetage, la neutralisation d’un drone, la gestion d’un incendie ainsi que des actions de contestation et de maintien de l’ordre.
Au stade Iba Mar Diop, les équipes ont traité une fraude à la billetterie, de fausses accréditations et une alerte à la bombe. S’y ajoutaient l’évacuation du site, des interventions spécialisées et la gestion de troubles à l’ordre public.
Au complexe tour de l’Œuf, elles ont géré des fraudes, des rumeurs d’individus armés, des mouvements de panique, un incident sanitaire à la piscine, une cyberattaque et la simulation d’une opération escargot.
Les trois autres scénarios relevaient de la gendarmerie nationale. Sur l’axe AIBD – autoroute A1 – sortie 11 et CICAD, le contrôle frontalier initial a été assuré par la DPAF. L’exercice comportait aussi l’escorte d’une délégation, un carambolage, des secours multivictimes, la régulation de la circulation et des évacuations sanitaires.
Au village olympique, les gendarmes ont géré une toxi-infection alimentaire collective, avec secours aux victimes, évacuations, sécurisation de la chaîne alimentaire et enquêtes judiciaires. Au stade Abdoulaye Wade, le scénario portait sur la gestion des flux d’affluence, des bousculades, des violences, un accident multivictimes, une intrusion de drones et une menace aérienne, avec évacuation et interventions spécialisées.
Mardi 29 septembre : La prise d’otages à l’hôtel Terrou-Bi
La seconde journée a été centrée sur deux crises majeures, la prise d’otages à l’hôtel Terrou-Bi et un incident de sécurité à bord du Train express régional (TER). Selon le scénario, le 29 septembre vers 10 h 20, un commando de 11 assaillants présumés de nationalité sénégalaise, s’est retranché dans la salle Évasion et la salle de musculation de l’hôtel. Le groupe était affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, dirigé par M. El Senegalensis. Les assaillants ont pris en otage une cinquantaine de personnes : une dizaine d’officiels, des représentants du CIO, des invités, des accompagnateurs, des membres de l’organisation et du personnel de l’hôtel.
Le périmètre a été bouclé immédiatement et les unités spécialisées déployées. Quinze otages ont d’abord été libérés, dont quatre blessés. Les ravisseurs ont exigé le versement de 250 millions F CFA et le retrait des unités spécialisées, sans formuler d’autres revendications politiques.
Les négociations ayant échoué, un assaut d’urgence a été mené pendant près de deux heures par les unités spécialisées, à savoir la BIP, le GIGN et les FS. Du côté des assaillants, 10 individus ont été interpellés et confiés aux services d’enquête, un a été neutralisé (tué) et trois ont été blessés. Six fusils d’assaut AK-47 ont été saisis. Du côté des victimes, deux otages ont perdu la vie dans le scénario. Sur les 55 personnes prises en charge et confiées à la brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), 13 blessés ont été recensés, dont quatre dans un état grave.
Mardi 29 septembre, en milieu de journée : agression, alerte à la bombe et incendie dans le TER
À 12 h 12, une délégation officielle américaine de 15 personnes, qui avait quitté l’AIBD par le TER au départ de Dakar, a fait l’objet d’une agression au couteau visant l’un de ses membres. L’intervention rapide des gendarmes a permis de neutraliser l’agresseur, immédiatement interpellé.
À 12 h 50, une alerte à la bombe a été déclenchée. Le train a été immobilisé en urgence à la gare de Sébikotane et la gendarmerie nationale a établi un périmètre de sécurité. Les unités spécialisées ont évacué les 30 passagers à bord, et les équipes NEDEX ont été déployées pour la levée de doute et l’inspection de la rame.
À 13 h 13, un départ de feu a été signalé à l’arrière de la rame. Il a été rapidement maîtrisé par la BNSP.
Prochaine étape : l’exercice de certification des 6 et 7 octobre
SEC.EX prépare l’exercice grandeur nature de certification prévu les 6 et 7 octobre 2026, présenté comme le test de validation des acquis. Il doit évaluer quatre points : l’interopérabilité entre les unités engagées sur les sites stratégiques, la promptitude des réactions face à des scénarios de gestion de crise et de sécurisation de foules, l’efficacité des chaînes de commandement et des flux de communication en temps réel, et la maîtrise des protocoles liés aux standards internationaux des grands événements sportifs.
Les autorités mettent en avant des mois de planification, d’entraînements conjoints et de simulations tactiques. Elles y voient aussi un signal de dissuasion, celui d’un État vigilant et prêt à relever les défis sécuritaires. Ce n’est qu’à l’issue de la certification que l’on pourra mesurer concrètement le niveau de préparation du dispositif.

