Alioune Badara Coulibaly (APR) : « Le Sénégal est plongé dans une démocratie crispée, affaiblie et éclatée »

Le porte-parole de l’Alliance pour la République (APR), Alioune Badara Coulibaly, dresse un réquisitoire sévère contre le régime en place. Dans une chronique intitulée « Sénégal, une démocratie crispée, affaiblie et éclatée ! », il estime que le pouvoir Diomaye-Sonko est confronté à une profonde désillusion sociale et politique.

Selon lui, la frustration des jeunes Sénégalais, illustrée notamment par la tentation de l’émigration clandestine, serait le signe de « l’échec de Sonko-Diomaye ». « Les jeunes Sénégalais, aujourd’hui déçus par les nouvelles autorités, ruminent leurs frustrations, en attendant, sans doute, de prendre le large, pour tenter une hypothétique traversée de l’océan. Ils pensent, naturellement, aller vers des cieux plus cléments. Ceci traduit l’échec de Sonko-Diomaye. Le régime en est conscient au point que pour masquer la désillusion il colmate et maquille les faits, en espérant s’en tirer à bon compte. Il dissimule souvent la vérité et tente de se dédouaner, en expliquant que leurs devanciers n’ont jamais rien fait pour régler, par exemple, la question du chômage des jeunes ».

Alioune Badara Coulibaly dénonce également ce qu’il qualifie de « discrédit de la parole » des dirigeants. À ses yeux, les contradictions et revirements dans le discours politique contribuent à fragiliser l’autorité de l’État et à « miner la République ».

« Ce mensonge de l’État et le discrédit de la parole des décideurs politiques minent et ruinent la République, en même temps qu’ils rongent inexorablement leur autorité. Ces deux défauts, devenus des vices majeurs dans la pratique politique actuelle, sont les premiers fossoyeurs de la République. Personne ne croit plus à la parole de nos dirigeants. Celle-ci est devenue banale, en ce qu’elle se contredit presque toujours », insiste M. Coulibaly.

Le porte-parole de l’APR concentre particulièrement ses critiques sur Ousmane Sonko, à qui il reproche de ne pas avoir rompu avec sa posture d’opposant. Il accuse l’ancien Premier ministre de manquer de « culture d’État », de recourir à la manipulation et de conduire le pays dans « l’improvisation permanente ».

Il dit : « Ces autorités qui président à notre destinée sidèrent par leur duplicité et leur mauvaise foi. Pour elles, le mensonge et la manipulation servent comme moyen de contournement et d’évitement. C’est une méthode qui leur sert pour tenter d’apaiser les consciences. Cette stratégie utilisée sans subtilité, surtout par l’ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, apparaît tel un aveu de taille. Elle est la preuve d’une incompétence avérée dans la conduite des charges publiques. »

Il ajoute : « N’ayant pas pu quitter ses habits d’opposant, Ousmane Sonko, arrivé au perchoir de l’hémicycle par effraction, n’a pu en revêtir un autre. Il a perdu le sens des réalités, se noie dans l’incohérence et tente de se sauver du naufrage en usant de subterfuges et de moyens qui sont presque, tous parfois, aussi déloyaux qu’illégitimes, pour phagocyter la République et ainsi la mettre à son service exclusif. »

Au-delà de la personne de M. Sonko, Alioune Badara Coulibaly met en cause la capacité de Pastef à gouverner. Il évoque des difficultés face aux urgences économiques et sociales, des désaccords au sommet de l’État, des lenteurs dans les réformes ainsi qu’une situation préoccupante des finances publiques.

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